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Le Burkina Faso crée un fonds souverain minier pour financer des projets structurants dès 2027 (Agence Ecofin)

Le Burkina Faso crée un fonds souverain minier pour financer des projets structurants dès 2027
(Agence Ecofin) - Le fonds souverain minier burkinabè sera alimenté par les recettes supplémentaires générées par la hausse des cours des minerais. Le gouvernement cherche à transformer les revenus du secteur aurifère en investissements structurants et à renforcer le contrôle national sur les mines.
Au Burkina Faso, le Conseil des ministres réuni jeudi 21 mai a adopté un décret portant création du Fonds souverain minier d’investissements du Burkina Faso (FSMIB) dénommé « Siniyan-Sigui ». Il prendra la forme d’un compte d’affectation spécial destiné au financement de projets industriels et d’infrastructures, dont les premiers investissements sont attendus à partir de 2027.
Selon Aboubakar Nacanabo (photo), ministre burkinabè de l’Économie et des Finances, le fonds sera alimenté par les recettes supplémentaires issues de l’activité minière lorsque les cours des minerais dépasseront les niveaux de référence fixés par les autorités. Les excédents dégagés au-delà de ces seuils seront reversés dans ce mécanisme afin de financer des investissements à long terme.
À travers cette initiative, le gouvernement entend transformer « des rentes minières en levier de développement durable et de souveraineté économique au profit des populations du Burkina Faso ». Le Fonds permettra de « financer de manière autonome des infrastructures stratégiques et la relance industrielle nationale ; renforcer la souveraineté financière du Burkina Faso et améliorer sa notation souveraine », précise le compte rendu du Conseil des ministres.
Renforcer la souveraineté minière
La création de ce fonds intervient dans un contexte marqué par la volonté des autorités de renforcer l’impact du secteur minier sur l’économie burkinabè. Malgré l’importance de la production aurifère, une partie des revenus générés par l’exploitation des mines était rapatriée à l’étranger sous forme de profits. La présence limitée des acteurs nationaux dans l’exploitation industrielle réduisait les retombées en matière d’investissements, de création de richesse locale et de transfert de compétences.
Pour le gouvernement, l’enjeu porte également sur la souveraineté économique et sur la capacité du pays à accroître sa participation dans la gestion de ses ressources stratégiques.
Une montée en puissance des acteurs nationaux
Le paysage minier burkinabè a connu une évolution notable. Avant 2022, une seule mine industrielle était exploitée par un opérateur burkinabè, en l’occurrence la mine de Riverstone Karma détenue par Élie Ouédraogo, ancien ministre des Mines et ancien responsable de la mine de Semafo.
À fin 2025, le pays comptait quinze mines industrielles en production, pour une production totale estimée à 51,5 tonnes d’or. Parmi elles, six sont détenues majoritairement par des acteurs burkinabè, soit 40 % du parc minier industriel du pays.
L’État, à travers la Société de participation minière du Burkina Faso (Sopamib), contrôle déjà trois mines industrielles. Cette évolution marque une rupture avec plusieurs décennies durant lesquelles l’exploitation industrielle de l’or était dominée par des groupes étrangers, tandis que les opérateurs nationaux occupaient une place limitée dans la chaîne de valeur minière.
Chamberline Moko


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