Or : Endeavour Mining

Endeavour Mining poursuit sa mue hors d’Afrique de l’Ouest

(Agence Ecofin) - Plus grand producteur d’or centré sur l’Afrique de l’Ouest, Endeavour Mining continue de faire de la région le fer de lance de sa stratégie de croissance à travers la construction de la mine Assafou en Côte d’Ivoire. Une dynamique qui s’étend progressivement à d’autres régions du monde.

La compagnie minière Endeavour Mining veut s’associer à la junior minière australienne Altair Minerals pour le développement du projet aurifère Greater Oko, au Guyana en Amérique du Sud. Cette avancée, rendue publique lundi 27 avril, s’inscrit dans sa dynamique d’expansion en dehors de l’Afrique de l’Ouest, région d’où elle tire historiquement l’intégralité de sa production d’or.

Dans le détail, le rapprochement annoncé est acté par un investissement de 28,2 millions de dollars australiens (20,2 millions USD) d’Endeavour Mining dans le capital d’Altair Minerals, ce qui lui permettra d’en devenir actionnaire à hauteur de 9,90 % de parts. Parallèlement à l’opération, les deux parties prévoient la mise en place d’un comité technique conjoint afin de tirer parti des synergies techniques clés dans le cadre des activités d’exploration en cours à Greater Oko. Des dispositions qui rappellent celles adoptées lors d’une précédente incursion d’Endeavour en dehors du continent africain.

Cet autre épisode, impliquant des projets d’exploration d’or et de métaux de base au Kazakhstan, avait été annoncé en novembre 2025. À cette occasion, Endeavour avait acquis 14,3 % de parts dans East Star Resources, tout en concluant avec cette dernière un accord de coentreprise pour le développement des actifs concernés. Le deal prévoyait aussi une option permettant à Endeavour de prendre à terme le contrôle majoritaire de la structure. Cette initiative s’inscrivait alors dans son programme de développement de nouveaux gisements, conçu pour « diversifier » sa croissance organique à long terme.

« Cette approche offre un investissement progressif à faible risque et à très faible coût, par l'intermédiaire d'un partenaire local bien intégré, dans une nouvelle juridiction qui présente plusieurs similitudes avec l'Afrique de l'Ouest en termes de potentiel géologique et de maturité d'exploration », expliquait l’entreprise dans un récent rapport au sujet de la transaction réalisée au Kazakhstan.

L’Afrique de l’Ouest toujours en ligne de mire…

Comme l’illustrent les fondamentaux de sa stratégie, ces investissements ne traduisent pas un désengagement progressif d’Endeavour Mining vis-à-vis de ses bases ouest-africaines. Ils reflètent plutôt une volonté d’étendre à d’autres juridictions émergentes les succès enregistrés dans la sous-région, en s’appuyant sur des contextes géologiques et opérationnels comparables. Cette orientation s’inscrit d’autant plus dans un contexte où le groupe poursuit le renforcement de son ancrage en Afrique de l’Ouest, notamment avec le développement du projet aurifère Assafou en Côte d’Ivoire, une future mine dont le coût est estimé à environ 1 milliard USD.

Une fois mis en service, cet actif devrait devenir la troisième mine exploitée par Endeavour Mining en Côte d’Ivoire, aux côtés d’Ity et de Lafigué. Le reste du portefeuille du groupe comprend les mines Mana et Houndé au Burkina Faso, ainsi que Sabodala-Massawa au Sénégal. À cet ensemble s’ajoutent le projet de développement d’une mine d’or à Kalana au Mali, ainsi que des investissements ciblés dans le capital de certaines juniors minières, à l’image de Koulou Gold, active sur des projets d’exploration en Côte d’Ivoire.

Pour Endeavour Mining qui vise une production de 1,5 million d’onces d’ici 2030 (contre 1,21 million d’onces en 2025), ce positionnement sur de nouveaux projets d’exploration, en Afrique comme à l’international, s’apparente à un pari de long terme, dont l’issue reste incertaine. Sa réussite dépendra notamment de la capacité de ces actifs à créer de la valeur au fil des campagnes d’exploration, un facteur déterminant dans la perspective de leur intégration au portefeuille existant. Reste désormais à savoir si cette ouverture hors d’Afrique de l’Ouest deviendra un pilier durable de la stratégie du groupe.

Aurel Sèdjro Houenou

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